Élections, piège à cons !

Dimanche 26 mai dernier, se sont tenues les élections européennes, transformées par l’impétrant lui-même en référendum pro-Macron.

Le moins que l’on puisse dire, est que cette stratégie jupitérienne s’est révélée être un lamentable fiasco faisant presque passer l’épisode de « la baie des cochons » pour un succès, en regard des moyens disproportionnés mis en œuvre par Emmanuel Macron et qui, à notre sens devraient être réincorporés dans les comptes de campagne de la liste RENAISSANCE.

Le Grand Débat dans lequel le président s’est personnellement investi (doux euphémisme), annoncé le 10 décembre pour finir le 15 mars, organisé selon la volonté et les critères du président qui ne sont aucunement les critères d’un débat public (comme a pu le faire constater la présidente du Conseil National du Débat Public qui sait de quoi elle parle) et prolongé un mois après son terme de par la seule volonté du président et au bénéfice de sa seule gloire, en est un exemple parfait.

En quoi, le constat des performances du président à parler six heures ou neuf heures d’affilé devant un parterre d’élus ou d’invités triés sur le volet est-il le gage d’un débat public ?

Cela relève plutôt du phénomène de foire et ne rendait pas grâce à la démocratie directe dont le pays manque cruellement et qui aurait pourtant trouvé là à s’exercer. D’autant plus que la totalité des contributions n’a pas été prise en compte et que seules les questions intéressant le président et la promotion de sa politique dévastatrice du Contrat social issu du Conseil National de la Résistance (CNR) et de vente à la découpe du patrimoine commun des Français (ADP, FDJ, ENGIE, barrages hydroélectriques, …) ont été traitées.

En effet, ont été écartées d’un revers presque dédaigneux de la main et sans grande explication, par le président lui-même (selon le principe jupitérien de la verticalité absolue du pouvoir – l’absolu opposé de la démocratie participative), les questions relatives à la justice sociale, à la justice fiscale, au rétablissement de l’ISF, à la lutte contre les causes du changement climatique ou de l’extinction de la biodiversité, à la normalisation (et non moralisation) de la vie publique (première de ses lois et plus grand de ses échecs), au renforcement du contrôle de l’exécutif, à la prise en compte du vote blanc, au RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne), au maintien des services publics dans les territoires périphériques, là où justement l’Etat les liquide, …, rien que des broutilles !

Comptabilisons la plus de centaine d’heures de monologue présidentiel, retransmis intégralement à la télévision sur plusieurs chaînes à la fois, la disproportion de la répartition des temps de parole accordés aux 34 différentes listes, l’inconsistance de la tête de la liste RENAISSANCE sur laquelle nous ne ferons pas de jeu de mots (trop facile) qui a fait que tout le gouvernement, au premier rang duquel le premier ministre, a fait campagne pour elle aux frais de l’Etat, donc de nous contribuables, et sur le temps qui est normalement dévolu au traitement des affaires du pays, la logorrhée du président avec sa lettre aux Français et son adresse aux Européens,  sa propension à vouloir incarner la liste avec 60 000 affiches (un peu  ratées d’ailleurs, le faisant ressembler à un célèbre dictateur) tant Loiseau était plus qu’une erreur de casting, une faute, le leitmotiv répété jusqu’à écœurement du slogan « moi ou le chaos » et comparons tous ces avantages, dont les autres listes n’ont pas bénéficié, aux résultats : L’échec de Macron est cuisant !

Sans compter l’abstention qui fait relativiser les pourcentages dont on nous bassine et qu’il faut diviser par deux pour les ramener au corps électoral. Ce qui est valable pour LREM et le RN.

Retenons aussi que le grand gagnant de cette élection est la liste Ecolo (et ce n’est que justice) et constatons l’effondrement des Républicains, la gauche explosée façon puzzle, la disparition du centre, … !

Cette analyse sommaire était nécessaire pour comprendre les enjeux des élections municipales, la mère de toutes les batailles, celle qui marque l’ancrage dans les territoires des partis politiques, une des deux élections auxquelles les Français prêtent attention avec l’élection présidentielle.

Que ce soit chez notre voisine de Corbeil, durement réprimandée par la Chambre Régionale des Comptes d’Île de France pour sa gestion du personnel (exemple, notre 1er adjoint -ex directeur de la jeunesse et des sports – qui est un emploi fictif, payé à ne rien faire, avec voiture de service utilisée comme une voiture de fonction et carte essence), ou à Saintry-sur-Seine, les majorités sur lesquelles les maires actuels ont été élus se sont évaporées.

L’offensive de LREM sur LR est d’ailleurs intéressante sur ce point. Ce parti de godillots, cherche un ancrage local qu’il espère pouvoir bâtir sur les ruines de la droite et de la gauche. Ce pari est osé et ne nous semble pas près d’aboutir, les électeurs de gauche ayant voté Macron en 2017 en sont revenus et ne sont pas près d’y retourner et les électeurs de droite, très à droite, iront directement au RN, alors que les humanistes, héritiers du gaullisme social ou non, la grande majorité, ne sont pas macron-compatibles (un Juppé ne fait pas le printemps !).

A l’aune de ces faits, la campagne électorale des municipales risque d’être passionnante, entre recomposition des électorats et disparition de certains de nos élus, empêchés !

17 Commentaires sur "Élections, piège à cons !"

  1. Ces petits bonhommes de toutes les couleurs marquent l’itinéraire « Jogging ». Une route accidentée avec des trous c’est super pour les chevilles !!!

  2. Il faudrait que nos élus suivent avec attention le procès Balkany ! Je dis ça, je dit rien !

  3. Chers Saintryens, attention ne vous laissez pas éblouir avec les travaux dans des rues fréquentées!!!!!
    La vérité se trouve dans le Chemin des Closeaux
    Première rue à gauche après le cimetière
    Venez nombreux !!!!! Pas de trottoir , des trous énormes !!!!
    Honte à la commune !!

    • Pourtant il y a la conseillère municipale et belle mère de Gassama dans cette rue.
      Il doit y avoir de l’eau dans le gaze ….. pas vraiment surprenant!!!

    • Entièrement vrai. Le chemin des closeaux est dans un état lamentable des trous tous les 10m des branches qui dépassent des bas côtés défoncés mais……..des petits bonhommes oranges et bleus 😋😤

  4. L’article du Parisien que vous avez publié aujourd’hui confirme bien les éléments de votre article. Avec une UDI à 2,5%, la mère Martine n’a plus aucun électorat à Saintry. Elle va donc essayer LREM, La Rémunération En Marche !

    • Il n’y a que la rémunération en marche qui les intéresse ! Et Martine et Gassama ce qui les intéresse c’est la rémunération !

  5. Ne soyons pas naïfs, toutes les compromissions vont apparaitre au grand jour. La macronie est un ramassis hétérogène qui n’a aucune vision politique, qui ne connait pas le monde du travail, qui se préoccupe essentiellement de son petit confort, exactement comme les dirigeants de notre commune. Le développement culturel et social se résume à « tout pour ma gueule » (parcours fitness, salle de sport, etc). Quel besoin la commune avait-elle d’acquérir la fouille Loury, et de vouloir acheter le restaurant Les Tilleuls ?.
    La grande manoeuvre de conquête des mairies (en prévision des sénatoriales) est lancée par la macronie, celle des « très riches », celle du libéralisme exacerbé (vente de la FDJ, des aéroports) et du capitalisme prédateur.
    Nul doute que le duo d’enfer va vouloir être de la fête et rejoindre LREM pour assurer leurs revenus et leurs statuts.
    Certes le temps des partis est révolu encore faut-il que le temps des gens de valeur et de réelle conviction arrive.
    Comme disait Gérard Holz à une époque : mobilisons-nous.
    En 2020 nous ne pourrons plus pleurer.

  6. Etienne-Louis | 2 juin 2019 à 10 h 06 min |

    Vous avez raison Jules. Par les temps qui courent, il vaut mieux ne pas se présenter aux élections municipales avec une étiquette. Le problème de Martine, c’est qu’elle s’est présentée en 2014 avec le soutien de l’UMP (désormais LR), l’UDI et le Modem.
    Le modem a rejoint LREM; l’UDI fait des scores de dernier de la classe, au point que Jean-Christophe Lagarde devrait démissionner sur le champ, et LR est au plus mal si Wauquiez ne sort pas du champ.
    Martine n’a pas d’autres choix que de s’affilier à LREM.

  7. Si je comprends bien, la folle dingue va passer en six ans du PRG à LREM, via l’UDI, pour encaisser son chèque d’indemnités mensuel et « s’amuser » avec les marchés publics. Je pense que n’importe quel candidat affilié à un parti politique n’aura de chance d’être élu à Saintry l’année prochaine. Enfin, ça n’engage que moi !

  8. Merci pour votre article qui nous éclaire bien sur la situation politique française et la tambouille électorale des municipales !

  9. BECHTER va passer LREM, car les Républicains n’en veulent plus!
    Martine ne tardera pas à franchir le pas.

    • Surtout que Guévenoux la tanne pour quelle prenne sa carte LREM. Ils n’ont pas encore assez de voyous dans leur contingent.

  10. Marie Guévenoux est en charge des investitures pour les municipales. Nul doute qu’elle va intervenir sur Saintry.

  11. Vous avez bien raison, alors qu’en réalité, il n’a recueilli l’assentiment que de 11,5 % du corps électoral. Soit rien du tout !
    R
    Pourtant, il raconte au pays qu’il est conforté par le résultat pour poursuivre et même accélérer le rythme des réformes.
    Nous allons tout droit a la guerre civile …

  12. De tous temps les élections ont été un piège à cons. Certains s’en souviennent peut-être, mais c’était cela que les Cohn-Bendit, Sauvageot, Gesmar et autres criaient déjà en mai 68. Mais, je crois que cette fois-ci nous avons atteint le sommet. Macron se croit avec ce scrutin plus que jamais légitime. Il faut oser !!!

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